246-dos-une

La réforme sur les rythmes scolaires dans les écoles maternelles et élémentaires

Alléger les journées des écoliers français qui concentrent trop d’heures de cours en trop peu de jours dans l’année, tout le monde est d’accord. Pourtant, même si le décret est publié depuis le 26 janvier 2013, le projet de réforme sur les rythmes scolaires suscite la colère des enseignants, des associations et des élus locaux, tant elle remet en question la vie familiale, sociale, organisationnelle et les finances publiques. Comme beaucoup d’autres villes, Le Chesnay a prévu de demander un report d’application du décret pour une mise en place à la rentrée 2014 et non à la rentrée 2013. Explications.

Au Chesnay, application à la rentrée 2014

3 questions à Michel Charlet, 1er adjoint, délégué aux affaires scolaires et au sport 

246-eco-charletPourquoi ne pas appliquer les nouveaux rythmes scolaires à la rentrée 2013 ?

Nous ne souhaitons pas modifier les rythmes scolaires dans la précipitation. Nous voulons nous donner le temps de la réflexion, savoir clairement ce que nous voulons mettre dans le temps périscolaire et quelle sera l’articulation avec le temps scolaire. Compte tenu de ces éléments, nous préférons repousser l’entrée en vigueur de la réforme à 2014.
Concrètement, que va changer cette réforme ?
Il nous faudra prendre un certain nombre de décisions qui auront des conséquences importantes sur notre organisation municipale et sur notre budget : recruter des animateurs pour la restauration, le ramassage scolaire et les activités périscolaires, réfléchir à l’offre des activités périscolaires et choisir les horaires des sorties d’école, sachant qu’il y aura obligatoirement des répercussions sur les activités extrascolaires sportives et culturelles de nos enfants.
Que va coûter cette réforme à la ville du Chesnay ?
Pour l’instant, rien n’a été réellement calculé mais nous savons d’ores et déjà que nous aurons des coûts supplémentaires en termes de personnel, notamment pour la restauration pour le mercredi midi, d’utilisation des locaux, (chauffage, éclairage…), de fournitures pédagogiques pour les activités périscolaires … 

Les rythmes scolaires vont changer. 

La réforme des rythmes scolaires vise à répartir les 24 heures de classe sur 4 jours et demi au lieu de 4 jours, la demie journée supplémentaire étant le mercredi matin, afin d’alléger le planning journalier des enfants. L’ajout de 3 heures de classe le mercredi matin permettra ainsi d’alléger  les autres journées en moyenne de 45 minutes.

Les impacts sur les accueils de loisirs du mercredi et le fonctionnement du service jeunesse :

réaménagement des activités et du fonctionnement des accueils de loisirs pour tenir compte de la matinée « travaillée » des enfants
réaménagement des emplois du temps hebdomadaires des animateurs avec la prise en compte du mercredi et le développement d’activités périscolaires les autres jours de la semaine. Les points en attente :
l’activité pédagogique complémentaire : l’aide personnalisée est remplacée dès la rentrée 2013 par l’activité pédagogique complémentaire assurée par les enseignants, en plus des 24 heures de cours hebdomadaire, pour certains élèves. Mais à ce jour, ces activités pédagogiques complémentaires ne sont pas encore clairement définies dans leur contenu et leur organisation
le temps d’activités périscolaires : ces activités de type culturel, sportif et éducatif, seront à mettre en place, 3 heures par semaine, par la ville en partenariat avec les différentes instances (centre de loisirs, associations sportives et culturelles…) en accord avec les différents enseignants selon un planning annuel établi par école

« La nouvelle semaine de quatre jours et demi dans le primaire est faite pour respecter les rythmes d’apprentissage des enfants (…) Nous allons raccourcir la journée de classe et permettre l’accès à d’autres apprentissages… » Vincent Peillon
 



La réforme en chiffres :
● 5 h 30 de classe maximum par jour au lieu des 6 h ● 3 h 30 de classe maximum par demi-journée,
pour le mercredi matin ● 1 h 30 minimum de pause le midi.

Les aides pour les communes :
● 50 € par élève par l’Etat pour les villes qui appliquent cette réforme à la rentrée 2013
● 40 € supplémentaires par élève pour les communes les plus en d ifficulté
● les Caisses d’Allocations Familiales prendront en charge une partie
du financement des activités culturelles et de loisirs.

Les autres points clés de la refondation de l’école :
1) la formation des enseignants : les ESPE (écoles supérieures du professorat et de l’éducation) ouvriront
leurs portes dès la rentrée 2013 en remplacement des IUFM (instituts universitaires de formation des maîtres).
2) 60 000 postes dans l’éducation : 22 100 professeurs recrutés sur concours externe en 2013 et presque
autant en 2014, concours ouverts aux étudiant en 2e année de master et aux diplômés
de master ou d’un niveau équivalent.
3) priorité au primaire : avec la création de 14 000 postes dans le primaire à la rentrée 2013
dont 3 000 à l’accueil des enfants de moins de 3 ans, 7 000 pour l’objectif « plus de maîtres
que de classes » et 4 000 pour améliorer l’ »équité territoriale ».
4) l’entrée du numérique et des nouvelles technologies : raccordement au très haut débit des
zones rurales, installation du matériel, maintenance, formation des professeurs au numérique…

Ce qui se passe déjà du côté de… Vélizy
La ville de Vélizy propose déjà depuis plus de quinze ans, à titre dérogatoire, aux quelques 1 000
élèves répartis dans les 7 écoles primaires de la ville, des activités, encadrées par des intervenants,
pendant les heures de repas et tous les après-midis pendant 1 h 30 : musique, échecs, sport,
théâtre, vidéo, maquette, arts plastiques… soit au total une centaine d’activités. En contrepartie,
les élèves des écoles élémentaires travaillent le mercredi matin. Mais ce plan éducatif local a un
coût pour la municipalité : 3 000 € par enfant, soit environ 3 M € par an… un coût que toutes les
villes ne peuvent se permettre. Selon une enquête réalisée en 2010 par la ville de Vélizy, 63 % des
parents, des correspondants et des intervenants trouvent que cette organisation améliore l’intégration
et la socialisation de l’enfant, contre 26 % et 11 % qui sont sans avis.