Une rue, une histoire.

Rue du Général Welvert

La rue du Général Welvert fait référence à Edouard Welvert, héros des deux Guerres Mondiales. Il est le seul Général à avoir perdu la vie pendant la campagne de Tunisie de 1942-1943.

Si Edouard Welvert nait à Thionville, en Lorraine en 1884, c’est au Chesnay qu’il grandit. Son père, Eugène Welvert, archiviste-paléographe réputé, quitte rapidement la Lorraine pour Le Chesnay, ayant été nommé aux archives nationales. Edouard est ainsi scolarisé à Saint Jean de Béthune, puis au lycée Hoche. Il intègre ensuite l’école Polytechnique dont il sort lieutenant d’artillerie à l’âge de vingt-et-un ans. Il connaît le baptême du feu dès sa sortie d’école (1905) lors de la campagne du Maroc.
Rappelé en France lors de la première Guerre Mondiale, il est blessé à quatre reprises avant octobre 1915, date à laquelle il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur et cité à l’Ordre de l’Armée : « Jeune officier très remarquable à tous points de vue. S'est déjà signalé par ses aptitudes variées au cours de ses campagnes au Maroc. Parfait capitaine-commandant. Blessé légèrement trois fois dans les premiers mois de la guerre, a été blessé à nouveau le 27 septembre 1915 à son poste d'observation, qu'il avait porté en avant de l'infanterie pour mieux régler son tir. » Blessé à Verdun en 1916, il est élevé au rang d’officier de la Légion d’Honneur le 22 juillet 1916 et est cité une deuxième fois à l’ordre de l’armée.
Marié en 1916, il a deux enfants : Odile et Michel. Dans l’entre-deux guerres, Edouard est affecté à la nouvelle arme des chars. A ce titre, il participe aux réflexions sur l’usage de l’arme blindée dont il préconise un usage plus important.
La seconde Guerre Mondiale le trouve colonel. Nommé général de brigade six jours après la déclaration de guerre, il ne peut empêcher la déroute de l’armée française lors de la désastreuse campagne de France. Lorsque l’Etat-Major décide au printemps 1940 de réorganiser en urgence une arme blindée largement décimée, Edouard Welvert, jeune officier, et à ce titre considéré comme un homme neuf, est naturellement placé à la tête de la nouvelle 1ère division qu’il réorganise début juin. A sa tête, il couvre la retraite de la Septième Armée française entre l’Aisne et la Marne puis jusqu’à la Loire.
Edouard Welvert est, lors de l’Armistice, affecté au commandement de la division blindée de Constantine et promu au grade de général de division en 1941.
C’est à ce poste que le débarquement allié sur les côtes algérienne et marocaine en novembre 1942 le surprend. Attendant les ordres d’Alger, l’hésitation du commandement français amène le Général Barré, son supérieur direct, à prendre les devants en préparant ses troupes à entrer en campagne contre les Allemands et Italiens qui débarquent des troupes en Tunisie. C’est plein d’ardeur et de courage que Welvert lance alors ses troupes, inférieures en nombre, dans la bataille, épaulées par les parachutistes américains du colonel Raff.
Après plusieurs victoires qui lui valent une troisième citation, il prend position avec sa division blindée sur les crêtes dominant la plaine de Kairouan. Se portant en première ligne comme à son habitude, sa voiture explose sur une mine (ou est bombardée, les sources divergent). Edouard Welvert meurt sur le coup.
Lors de cette campagne de Tunisie, 8 500 Français de l’Armée d’Afrique trouvent également la mort.

La tragédie du Général Welvert, soldat héroïque et intrépide, cache également celle, moins connue, de son fils Michel. Jeune pilote ayant très tôt rejoint Londres et ayant participé à la défense du ciel britannique lors de la bataille d’Angleterre, Michel trouve la mort le 10 février 1945 en Alsace au cours d’un vol de liaison