Une rue, une histoire.

place du souvenir 2

Souviens-toi de la Place du Souvenir français !

Bien étrange nom… Se souvenir de quoi ? Elle est d’ailleurs la seule place de notre ville à rendre hommage à une association.

L’Association du Souvenir français trouve ses origines dans la défaite de la France face à la Prusse et ses alliés en 1870 et la perte de l’Alsace et de la Moselle qui en a résulté. Dans les années qui suivent, de nombreux Alsaciens et Mosellans marquent leur attachement à la France par un culte rendu aux soldats tombés pour elle lors de la guerre : entretien et fleurissement des tombes, offices religieux. C’est toute une résistance passive et muette qui se propage. Un professeur alsacien, François-Xavier Niessen, décide de commémorer le souvenir des soldats morts pour la France en entretenant leurs tombes et en sensibilisant les municipalités à la mémoire des soldats morts pour la France. Il s’agit ainsi de rappeler aux Alsaciens et Mosellans leurs liens avec la France.
Devenu persona non grata en Allemagne – et donc en Alsace-Moselle – , Niessen crée à Neuilly l’association du Souvenir français qui connait un succès fulgurant, bien au-delà des frontières de la France : en 1904 est ainsi érigé un monument aux morts sur la plaine de Waterloo, en Belgique.
L’association reste quasi-inexistante en Alsace et Moselle. Il faut attendre 1907 pour que Jean-Pierre Jean, ouvrier lithographe mosellan et futur député, réussisse à y développer significativement le mouvement. Le 4 octobre 1908, l’inauguration d’un monument aux morts à Noisseville, près de Metz, réunit ainsi plus de 120 000 personnes. Pour la première fois depuis 1870 flotte à nouveau le drapeau français dans les territoires perdus… Un pied-de-nez à l’administration allemande !
Lors de la première Guerre Mondiale, le Souvenir français aide les familles à retrouver les corps des soldats morts au front, ouvre 200 cimetières militaires et inaugure 50 monuments commémoratifs. Il s’agit en effet de créer des lieux de mémoire alors même que, pour de nombreuses familles, le deuil ne peut être matérialisé par la dépouille, parfois jamais retrouvée, du proche tué au combat.
A l’issue de la Grande Guerre, de nombreux monuments aux morts sont construits dans les villes et villages de France. Celui du Chesnay et de Rocquencourt, construit grâce à la souscription de tous, fut par exemple inauguré le 7 août 1921.
Ce rôle d’accompagnement des familles et d’organisation de cérémonies et de monuments commémoratifs, le Souvenir français le jouera à nouveau lors de la seconde Guerre Mondiale puis lors des guerres coloniales.
C’est en 1972 que le comité du Chesnay-Rocquencourt voit le jour, sous la présidence de Monsieur Thierry.
Le 11 novembre 1993, la mairie du Chesnay dédie solennellement la place sur laquelle donnent l’église Saint-Germain et le monument aux morts au Souvenir Français (cette place s’appelait antérieurement place Jean-Louis Forain).
Le Souvenir français est toujours très actif dans notre ville. Participant aux commémorations de notre ville, il entretient 15 tombes de soldats morts pour la France, dont celle de Pierre Costergent, jeune Chesnaysien fusillé par les Allemands à Saint-Michel de Maurienne le 25 mai 1944 à l’âge de 15 ans... L’association emmène chaque année les enfants des écoles sur les plages du débarquement de Normandie. Elle participe enfin chaque année au ravivage de la flamme de l’Arc de Triomphe avec les élus et les enfants des écoles de notre ville.

«  A nous le souvenir, à eux l’immortalité. »