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Arrêtons de faire du cinéma

Plus de cinéma au Chesnay depuis juillet 2014, un cinéma, « Le Cyrano », à Versailles vieillissant et difficile d’accès, deux villes et deux maires qui n’ont qu’un seul objectif, celui d’apporter à leurs habitants la meilleure offre cinématographique.

Philippe-BrillautMais ont-ils, dans le cadre de l’intercommunalité, la même position sur le sujet ?
L’avis de la Commission Départementale d’Aménagement Cinématographique (CDAC), favorable pour la ville de Versailles et défavorable pour la ville du Chesnay, tendrait à montrer que non. En effet, considérant que dans le cadre de l’intercommunalité, nous travaillons en logique de territoire, j’ai voté favorablement, le 1er juillet dernier, pour le projet de cinéma de Versailles, au nom de la commune du Chesnay. Il n’en a malheureusement pas été de même lorsque Versailles a dû se prononcer pour le projet du Chesnay…

Petit rappel historique. Nous devons la création du cinéma du Centre Commercial de Parly 2 au Chesnay à Jean-Charles Edeline, un grand Monsieur du cinéma en France qui avait compris, en 1969, qu’un centre commercial était une manne pour la fréquentation d’un cinéma. C’est lui qui a également créé les cinémas de Versailles dont il était propriétaire et dont il en assurait la programmation. Il avait ainsi déjà saisi la nécessité d’une offre complémentaire entre Versailles et Le Chesnay. 
Jean-François Edeline, son fils, a ensuite, pour des raisons qui lui incombent, laissé vieillir le cinéma du Chesnay tout comme ceux de Versailles. De ce fait, la fréquentation des cinémas n’a cessé de baisser, passant de 1,9 million en 1997 à 1,3 million en 2013.
Le projet actuel du Chesnay, proposé par Unibail, le propriétaire majoritaire du centre commercial, ne fait qu’adapter l’offre de cinéma au nouveau contexte économique, 45 ans plus tard. Le Centre Commercial de Parly2 - Le Chesnay est passé de 60.000 m2 à l’origine à 100.000 m2 de commerces aujourd’hui. Il accueille près de 14 millions de visiteurs par an, soit plus d’un million de personnes par mois. UGC, l’opérateur retenu après procédure d’appel d’offres lancée par Unibail fait une prévision, avec son nouveau multiplexe, de 650.000 entrées par an, soit près de 5 % des 14 millions de visiteurs.

L’intérêt des Français à découvrir l’actualité cinématographique ou à redécouvrir « les classiques » en version originale, a orienté le projet du Chesnay qui proposera aux côtés des grandes salles, de petites salles limitées à 150 places.

Une offre diversifiée et complémentaire de celle de Versailles, une offre qui réponde enfin à l’attente des Chesnaysiens, frustrés depuis des années de ne plus pouvoir bénéficier dans leur commune de salles modernes et agréables, une offre qui n’a fait que s’adapter au nouveau contexte territorial et économique, une offre qui avait toutes les raisons d’obtenir un avis favorable.
Alors, arrêtons de faire du cinéma. Évitons les votes politiques qui n’ont que faire de l’attente des habitants. Évitons aux élus d’être pris en otages par des systèmes économiques et financiers. Je reste persuadé que nous trouverons rapidement une issue à cette situation. Dans l’immédiat, la ville du Chesnay a déposé un recours contre cette décision inappropriée de la CDAC. Comptez sur moi pour vous tenir informés.

 

Très cordialement

Dr Philippe Brillault,
Maire du Chesnay,
Conseiller départemental des Yvelines