Entre l’expressionnisme abstrait et la figuration abstraite
La ville du Chesnay a organisé la 4e édition du « Chesnay’ Art » du 13 au 21 avril, exposition présentant une trentaine d’artistes sculpteurs, graveurs et peintres. Lors du vernissage du 13 avril dernier, Laurence Moracchini a reçu le prix de la ville du Chesnay pour ces quatre œuvres « abstrait 98 », « abstrait 100 », « abstrait 97 » et « abstrait 102 ». Portrait de cette artiste venue d’ailleurs…
Laurence Moracchini
Depuis quand peignez-vous ?
Depuis une vingtaine d’années.
Qu’est ce qui vous a poussée à devenir artiste ?
J’ai fait une école d’art à Paris après le bac mais les hasards de la vie m’ont amenée à toute autre chose. J’ai commercialisé des systèmes infographiques pendant plusieurs années, puis j’ai eu des enfants. Ce métier qui demandait de nombreux déplacements, était devenu difficilement conciliable avec ma vie de famille. C’est donc assez naturellement que je suis retournée à ma passion pour la peinture.
Comment définiriez-vous votre style ?
Après 10 ans de figuratif, j’ai eu un besoin impérieux de « lacher-prise ». J’ai alors donné libre cours à mon imagination et mes envies de création, sans contrainte. Je travaille dans l’énergie, quelque fois proche de « l’action-painting », sans brider mon geste, au large couteau généralement, sans penser à ce que sera la finalité. Mes toiles sont souvent méconnaissables d’un jour à l’autre, et au fur et à mesure se dessinent des paysages qui évoquent des régions particulières pour certains, et tout autre chose pour d’autres... Je pense que je pourrais me situer quelque part entre un expressionnisme abstrait et la figuration abstraite, mais il est bien difficile de définir son propre style !
Comment travaillez-vous ? Préférez-vous être seule dans votre atelier ou au contraire entourée de la foule ?
J’ai besoin de faire abstraction totalement de ce qui m’entoure pour « rentrer dans ma toile ». Après des heures de tâtonnements, c’est parfois en toute fin de journée que je vais en quelques instants réaliser l’essentiel de ma peinture, et pour ça j’ai vraiment besoin d’être seule.
Avez-vous un rituel avant chaque travail ?
Je débute toujours mes peintures de la même façon : afin d’échapper à l’angoisse de la « toile blanche », je commence par de grands aplats noirs au couteau, des coulures, des grattages… et de ces « accidents » naissent des paysages différents.
Qu’est ce qui vous inspire aujourd’hui pour peindre ?
Je me nourris évidemment de ce que je vois et qui m’entoure : l’exposition d’un peintre que j’ai aimé, les couleurs d’une photo... mais mon travail n’est jamais prémédité. Je travaille dans l’énergie. Ce sont l’humeur et les sentiments du jour qui m’amènent à réaliser telle ou telle peinture.
Pourquoi exposer ?
La peinture étant pour moi une activité très solitaire, exposer me permet de confronter mon travail à une critique extérieure. Cela répond aussi à un besoin de sociabilisation et de sortir de la bulle que représente mon atelier.
Que signifie pour vous le prix de la ville du Chesnay ?
Dans une vie, on n’a pas forcément beaucoup de prix. Ce sont donc des moments qui comptent. Le salon du Chesnay est reconnu pour sa qualité artistique, obtenir le prix de la ville est pour moi un honneur ■






